Travailler sur la lutte contre les inondations, c’est d’abord apprendre à penser autrement le territoire. L’eau ne connaît pas les frontières communales : elle coule là où la topographie l’y invite, d’un bassin versant à l’autre, d’une commune à la suivante.
C’est précisément pour cette raison que la Province du Brabant occupe une position charnière dans la lutte contre les inondations : celle d’un acteur supra-communal, ancré dans le territoire, reconnu par les communes comme un partenaire de proximité.
Penser en bassins versants, agir ensemble
Quand on travaille sur la Dyle, sur la Thyle ou sur la Petite Gette, chaque aménagement réalisé en amont a des effets directs en aval. Villers-la-Ville en est l’illustration parfaite : en retenant l’eau sur son territoire, elle protège Court-Saint-Étienne et Ottignies-Louvain-la-Neuve. Soutenir un projet chez son voisin, c’est donc aussi se protéger soi-même. C’est ce que j’appelle la solidarité territoriale — et c’est exactement ce que la Province est en mesure de garantir.
Cette logique de bassin versant, c’est celle qui guide notre approche. Fin 2025, nous avons rassemblé près de 20 communes avec les services régionaux pour renforcer le dialogue, fluidifier la communication et avancer ensemble. Parce que face à un phénomène aussi transversal que les inondations, aucune Commune ne peut agir seule.
Un échelon concret, une expertise reconnue
La Province gère aujourd’hui 20 ouvrages hydrauliques, représentant 380.000 m³ de capacité de rétention. Douze nouvelles études sont en cours, pour 430.000 m³ supplémentaires à terme. À Orp-Jauche, deux zones d’expansion de crue complémentaires — sur la Petite Gette et le Ry des Corées — forment un dispositif capable d’absorber plus de 50.000 m³ en période de crue. C’est ce modèle que nous allons reproduire à Villers-la-Ville cette année.
Avec un budget total de l’ordre de 13 millions d’euros et 17 communes accompagnées, la Province a fait de cette mission une priorité concrète — soutenue par la Région wallonne, qui a rappelé clairement qu’il n’est pas question d’économies dans ce domaine.
Humilité et engagement
Soyons honnêtes : aucun ouvrage ne peut garantir une protection absolue. Le dérèglement climatique rend les événements extrêmes plus probables, mais leur ampleur reste difficile à prévoir. Notre approche est prudente et transparente. Ce que nous construisons, c’est une protection significative — pas une promesse d’invulnérabilité.
C’est dans cet esprit que la Province continue d’agir : comme facilitatrice, comme coordinatrice, comme partenaire de terrain pour chaque commune du Brabant wallon.
