Mesdames et Messieurs,
En vos titres et qualités,
Chers élèves, Dear students,
Nous sommes très heureux et fiers d’être présents aujourd’hui, et de soutenir la Musica Mundi School. Fiers d’investir dans l’éducation, la culture, l’excellence, dans ce qui fait rayonner le territoire.
Il ne vous aura peut-être pas échappé que certains, de loin, regardent cette école et y voient de l’élitisme. De près, pourtant, on voit bien autre chose : on voit du talent, du travail, de la rigueur, et une très grande diversité culturelle.
Je ne peux pas m’empêcher de penser que certains confondent l’élitisme et l’excellence. L’élitisme, c’est sélectionner les meilleurs sur la base de ce qu’ils ont reçu, à un moment figé de leur vie. C’est en quelque sorte transformer un héritage en avantage. L’élitisme, c’est une porte qui se ferme.
L’excellence, c’est tout le contraire. C’est croire que les grandes capacités humaines évoluent et se construisent — par le travail, la rigueur, la passion. L’excellence, c’est une porte qui s’ouvre.
C’est ce que fait cette école : donner à des jeunes qui ont un talent les conditions pour le développer pleinement.
Il y a en Belgique un problème que l’on connaît trop bien : trop souvent, un jeune qui a un talent — que ce soit en arts, ou en sports par exemple — doit choisir. Soit il poursuit sa scolarité classique. Soit il développe son talent. Pas les deux.
Ou alors il part. Il s’expatrie. Il va là où l’on a pensé à lui, là où une institution a compris que l’excellence n’attend pas.
Musica Mundi, c’est la réponse belge à cet enjeu. Aujourd’hui, nous n’inaugurons pas seulement des murs ; nous inaugurons un espace supplémentaire où des jeunes venus des quatre coins du monde n’auront pas à choisir entre leur talent et leur scolarité.
Ici, ces jeunes peuvent concilier les deux. Ils peuvent être de grands musiciens ET achever leur parcours scolaire. Ils n’ont pas à choisir. Ils n’ont pas à partir.
Ce sont des virtuoses qui ont choisi la Belgique, le Brabant wallon, pour forger leur avenir. C’est un honneur que nous ne prenons pas à la légère.
Musica Mundi attire des élèves de partout dans le monde. Cela signifie que le monde, lui, regarde vers ici. Ce n’est pas rien.
Pour le Brabant wallon, une telle institution, c’est aussi un signal : ce territoire accueille l’excellence, il la nourrit, il l’accompagne.
Regardez par vous-mêmes. Une soixantaine d’élèves. Plus de 25 nationalités. Des cultures, des langues, des religions différentes. Et pourtant — une même partition. La musique a cela d’extraordinaire : elle est le seul langage qui n’a pas besoin de traduction. Ces jeunes ne cohabitent pas seulement — ils se comprennent, au sens le plus profond du terme.
La musique crée de l’harmonie dans le chaos. Je reprends cette idée à Yehudi Menuhin, que je ne dois certainement pas présenter ici, non seulement parce qu’il s’agit de l’un des plus grands violonistes du XXe siècle, mais aussi parce qu’il a lui-même fondé une école tout à fait similaire à celle-ci, en Angleterre. Il disait : « le rythme rassemble ce qui diverge, la mélodie relie ce qui est épars, l’harmonie réconcilie ce qui semble incompatible. »
Dans un monde où l’on parle beaucoup de fractures et de murs, Musica Mundi construit des ponts. Ceux-ci ont simplement la forme de violoncelles, de pianos, d’archets ou de harpes.
Au nom de la Province du Brabant wallon, au nom de mon collègue Benjamin Goes en charge de la Culture, de ma collègue Laurence Rotthier en charge de l’Enseignement, et de Sophie Keymolen, que j’excuse ici, et au nom de l’ensemble de l’institution, je voudrais que vous sachiez à quel point nous sommes fiers d’être un compagnon de route, un partenaire, et nous entendons le rester.
Aux élèves : vous êtes ici chez vous. Travaillez, jouez, échangez, grandissez. Et sachez que derrière vous, il y a une institution qui est fière de vous et qui croit en ce que vous faites.
Je vous remercie.





